Lésions intimes – Christophe Royer

lesions intimes

Lésions intimes – Christophe Royer – éditions Taurnada – 12 septembre 2019 – 414 pages  – 12.99 €

Résumé :

« Nathalie Lesage, capitaine au caractère bien trempé, travaille au sein de la brigade de répression du proxénétisme. Une des branches de l’organisation « Gorgona », spécialisée dans un certain genre de soirées parisiennes, va l’amener à côtoyer un milieu où règnent la perversion et les pratiques extrêmes.
Victime d’un banal accident, son enquête va prendre une tournure inattendue. Dans le même temps, le décès de son frère va l’obliger à renouer avec son passé.
Tout va alors se mélanger et entraîner Nathalie vers l’inimaginable… »

Mon avis :

Lésions intimes est un polar très addictif et prenant qui maintient la tension et le mystère jusqu’au bout. On suit Nathalie Lesage, une capitaine, dans son enquête pour démanteler une organisation criminelle aux pratiques perverses, une enquête très bien construite qui pose de nombreuses questions dont le lecteur devra attendre les toutes dernières pages pour connaître les explications. Passionnant, bien rythmé ce polar est une belle réussite que j’ai pris énormément de plaisir à lire.

Ce polar commence par un crime sur lequel Nathalie Lesage doit enquêter et je dois dire que cette manière de commencer m’a un peu perturbée parce que ce meurtre est assez vite résolu et cela m’a beaucoup surprise…avant que je ne comprenne que l’intrigue était ailleurs. Ce fût une belle « introduction » du personnage de Nathalie et de l’ambiance générale de ce polar. Tout est centré autour de Nathalie et j’ai beaucoup aimé cette femme très dynamique qui n’a pas peur de se lancer au devant du danger.

Le thème des soirées perverses est bien amené, les scènes décrites sont très réalistes et donnent une ambiance malsaine qui colle bien à l’intrigue.

J’ai beaucoup aimé l’introduction du personnage de Steffy, cette jeune fille qui voit et entend tout ce que voit et entend Nathalie car cela a donné un peu plus de piment à une intrigue déjà bien construite. On ne sait pas à quoi on doit faire face, c’est mystérieux et très plaisant. Nathalie est-elle une femme aux personnalités multiples, la folie s’est-elle invitée dans l’histoire ou sommes-nous en présence de nanotechnologie ? Autant de questions que Nathalie – et nous aussi du coup – se pose et sa recherche de réponses est vraiment bien faite et prenante.

Alors oui, la fin pourrait sembler un peu convenue, voire maintes fois lue et relue mais cela n’a pas terni ma bonne impression de lecture. C’est très bien fait, très bien amené et cela clôture bien cette histoire passionnante qui a réussi à me plaire du début à la fin.

Je remercie encore une fois les éditions Taurnada pour leur confiance. Il s’agissait de mon troisième partenariat et c’est encore une réussite.

 

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Les soeurs Mitford enquêtent – tome 1 L’assassin du train – Jessica Fellowes

l assassin du train avec bord

L’assassin du train de Jessica Fellowes paru en 2018 aux éditions du Masque et en 2019 chez Le livre de poche est le premier tome d’une série policière Les soeurs Mitford enquêtent.

Résumé :

« 1919. Louisa Cannon rêve d’échapper à sa vie misérable à Londres, mais surtout à son oncle, un homme dangereux. Par miracle, on lui propose un emploi de domestique au service de la famille Mitford qui vit à Asthall Manor, dans la campagne de l’Oxfordshire. Là, elle devient bonne d’enfants, chaperon et confidente des soeurs Mitford, en particulier de Nancy, l’aînée, une jeune fille pétillante à l’esprit romanesque. Mais voilà qu’un crime odieux est commis : une infirmière, Florence Nightingale Shore, est assassinée en plein jour à bord d’un train. Louisa et Nancy se retrouvent bientôt embarquées dans cette sombre affaire. S’inspirant d’un fait réel (le meurtre de Florence Nightingale Shore encore non élucidé à ce jour), ce roman captivant nous emmène dans l’Angleterre de l’entre-deux-guerres, des milieux défavorisés aux fastes de la High Society, à travers les déboires de Louisa, jeune servante d’origine modeste, et la soif d’aventure de Nancy, jeune aristocrate effrontée, toutes deux devenues complices et bien décidées à trouver l’assassin du train. »

Mon avis :

J’aime les romans policiers classiques, un peu désuets, à la Agatha Christie, alors des phrases telles que « Une enquête policière à la Agatha Christie, pleine de surprises et de rebondissements, au dénouement des plus surprenants » (Laurence Caracalla, Le Figaro Littéraire) ou « Agatha Christie+Downton Abbey = Les soeurs Mitford enquêtent. Ce roman est une excellente surprise. Vivement la suite! » (Pascale Frey, Elle), associées à une couverture particulièrement jolie ont suffi à me convaincre de lire ce roman. Et ce fût une belle réussite.

Il s’agit du premier tome et il est tout à fait convaincant. La mise en place se fait sur un bon rythme sans que l’on ressente des longueurs comme parfois, les personnages sont bien travaillés et accrochent le lecteur assez rapidement. L’auteure a su parfaitement retranscrire la société mondaine des années 20 servie par des domestiques et créer des personnages truculents, attachants et un peu rebelles. On y retrouve tout l’univers de Downtown Abbey (série créée par son oncle et que j’ai adorée) et c’est très plaisant de s’imaginer cette histoire en la lisant.

L’auteure a aussi su, et c’est le plus important, créer une intrigue dynamique et passionnante avec des indices, des conversations et des rebondissements jusqu’à la résolution finale qui tient la route. Elle a associé avec beaucoup de talent les codes des policiers classiques tout en y incorporant une construction de l’intrigue très moderne avec une intrigue accessoire qui permet de garder une certaine dose d’action dans ce genre de policier basé plus sur les conversations et les déductions que sur les courses poursuites et autres péripéties des romans policiers modernes. Et cela donne une belle intrigue, bien construite, prenante qu’on dévore du début à la fin.

La vie des personnages est également au centre de ce roman, on apprend à connaître les membres de la famille Mitford, leurs relations avec leurs serviteurs, les personnalités des différents personnages et c’est très agréable. J’aime ce mélange vie personnelle et enquête et quand il est bien dosé c’est toujours une réussite pour moi. Et là c’est tout à fait maîtrisé, l’auteure a su trouver le juste équilibre entre les deux.

Inspiré d’un véritable crime non élucidé dont on retrouve toutes les informations à la fin, c’est le petit détail en plus qui donne une crédibilité et un réalisme à cette première enquête des Soeurs Mitford.

Le tome 2 Le gang de la Tamise vient de sortir en grand format chez les éditions Le Masque et j’ai hâte qu’il sorte en format poche pour pouvoir le lire. En attendant je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman d’enquête.

Good girls love bad boys – Alana Scott

good girls love bad boys avec bords

Good girls love bad boys d’Alana Scott est une brique de 778 pages publié aux éditions Harpercollins en 2019 dans la catégorie New adult.

Résumé :

Elodie est une fille bien, une fille sage. Une fille intelligente qui, dès son premier jour au lycée de Saint-Louis, comprend que, si elle veut survivre, elle va devoir s’endurcir. Car son nouvel environnement est à mille lieues de l’établissement londonien dans lequel elle étudiait avant la mutation de son père : la violence et les trafics de drogue sont monnaie courante dans cette zone de non-droit régie par la loi du plus fort. Elle le sait, elle a intérêt à faire profil bas et à éviter qu’on la remarque. Surtout, elle doit rester loin de Zach Menser, celui que tout le monde craint et qui aurait fait de la prison. Mais, quand le destin la contraint à fréquenter de très près Zach, Elodie comprend que le plus dangereux chez ce garçon, ce n’est pas son passé trouble et violent, mais peut-être son sourire…

Mon avis :

Les romans d’amour modernes très érotiques n’étaient pas du tout dans mes goûts littéraires jusqu’à ce que je dévore, il y a 3 ans déjà, la série After d’Anna Todd en 15 jours (mon avis est sur mon ancien blog ici). Aujourd’hui, ce genre n’est pas devenu récurrent dans mes lectures mais, à l’arrivée de l’été, je jette quand même un oeil dans les rayonnages des librairies pour voir. Et c’est comme ça que Good girls love bad boys a atterri dans ma valise pour les vacances.

Autant vous le dire tout de suite, si vous êtes accro aux scènes hot propres aux romans New adult, vous allez être déçus, car il n’y en a aucune. Nous sommes tout simplement dans une histoire basique d’une jeune fille bien sous tous rapports qui va voir sa vie bouleversée quand elle doit suivre ses parents à Saint-Louis et qu’elle débarque dans un nouveau lycée genre le lycée du film Esprits rebelles avec Michelle Pfeiffer de 1996. Et citer ce vieux film n’est pas anodin car tout dans ce roman est assez vieillot au final. On a l’impression de lire un bon vieux roman Harlequin.

Alors certes l’histoire n’est pas inintéressante, notre jeune fille en fleur se révèle être assez sympathique même si elle manque selon moi de caractère, il lui arrive plein de trucs (peut-être même trop) et l’auteure arrive à dérouler son récit de manière à susciter l’envie chez le lecteur de connaître la suite mais les personnages manquent cruellement de charisme et du côté « bestial » qui fait le charme des romans de ce genre.

C’est une belle histoire d’amour avec de l’action des rebondissements que toutes les mamans peuvent conseiller sans crainte à leurs adolescentes qui seraient attirées par ce genre. On est selon moi très loin du genre New adult.

Alors peut-être que cela vient de moi, de mes 40 piges bien tassées qui font de moi une vieille lectrice trop éloignée de l’héroïne de ce roman mais cette lecture n’a pas su m’emporter comme je l’aurai voulu, je l’ai lue avec plaisir certes mais j’en attendais beaucoup plus.

Note : 3/5

 

Inexorable – Claire Favan

inexorable

Inexorable – Claire Favan – Editions La bête noire – Robert Laffont – 11 octobre 2018 – 384 pages – 20 €

Résumé :

« Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.« 

Mon avis :

Je n’avais jamais lu de roman écrit par Claire Favan et quand l’envie de la découvrir s’est fait ressentir, j’ai choisi de commencer par ce roman qui a été beaucoup critiqué par les fans de l’auteure. Habitués à ses autres romans, ils ont quelque peu décrié celui-ci comme trop différent. Il n’en a pas fallu plus pour me convaincre de commencer par celui-là car sans a priori sur l’auteur je pourrai l’apprécier sans comparer avec ses précédents. Et le résultat a été à la hauteur de mes attentes.

Inexorable est un roman machiavéliquement addictif, une histoire émouvante et forte, une intrigue extrêmement bien menée sans aucun temps mort, un lecteur en constante tension émotionnelle, bref un énorme coup de coeur pour ce roman que j’ai lu en 1 jour et demi tellement je n’ai pas réussi à quitter Alexandra et Milo avant de connaître le fin mot de leur histoire.

On suit Alexandra et Milo dans leur vie rendue difficile depuis que le père s’est fait arrêter par la police de manière assez violente surtout pour le petit Milo qui n’avait que 4 ans quand cela s’est produit et qui vouait une admiration sans bornes à son père. Ce traumatisme va bouleverser leur vie à tout jamais. La violence devient le mode principal d’expression du petit Milo et toutes les conséquences sur la vie de famille sont décortiquées par l’auteure de façon très réaliste et concrète. Alexandra est une maman dans laquelle toute lectrice peut se retrouver et suivre avec elle son combat pour s’en sortir et aider son fils est une bouffée d’émotions fortes, parfois difficiles à supporter.

L’histoire qui pourrait passer pour une simple histoire de famille et de maman qui doit affronter la vie et les problèmes dus à un adolescent prend une tournure forte et prenante dans la deuxième moitié du roman, on bascule dans le thriller et là, c’en est fini de notre liberté de lecteur. L’auteure nous a tellement attaché aux personnages que la lecture devient impossible à lâcher. On plonge dans le pire de ce que peut avoir à encaisser une maman et on vit, ressent, supporte, avec Alexandra toutes ses émotions, ses questionnements. C’est extrêmement prenant.

Pour cette première découverte de l’auteure, je n’ai absolument pas été déçue, j’ai adoré cette lecture, les émotions fortes qu’elle m’a procurées, la tension qui s’est installée progressivement, je me suis imaginée à la place d’Alexandra et c’est tout ce que j’aime dans une lecture, quand je m’y crois tellement que j’ai l’impression de vivre la vie des personnages par procuration. C’est un vrai bon moment de lecture.

Les démoniaques – Mattias Köping

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Les démoniaques – Mattias Köping – édition La mécanique générale – 19 avril 2018 – 372 pages – 9.90 €

Résumé :

Ils reprennent en choeur :
 » Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope !  »
Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux.
Elle s’appelle Kimy.
Ce soir, on fête ses quinze ans.

Mon avis :

En février j’avais découvert Mattias Köping avec la lecture de son second roman Le Manufacturier que j’avais adoré dès les premières pages et qui avait été un énorme coup de coeur. Lire son premier roman Les démoniaques était donc une évidence. Et cette seconde lecture fût aussi excellente que la précédente, faisant de Mattias Köping mon auteur préféré en lieu et place de Carlos Ruiz Zafon qui occupait cette place depuis ma lecture de L’ombre du vent. Exit l’auteur espagnol, cocorico un auteur français est en tête de liste de mes auteurs chouchous.

Avec Les démoniaques, l’auteur nous offre un thriller magistralement orchestré, qui met des claques en pleine figure jusqu’au bout du bout. Même si j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans (trop d’attentes par rapport au Manufacturier), une fois que Kimy a su toucher mon coeur cette lecture est devenue addictive et passionnante. L’intrigue est démoniaque, extrêmement bien construite et sur un rythme endiablé l’auteur nous mène par le bout du nez jusqu’à un final époustouflant. J’ai adoré.

Kimy est une jeune fille sombre, malmenée par la vie dès son plus jeune âge et par une personne dont le rôle était de la protéger et non pas de la violer et de la mettre au milieu d’un immense trafic de drogue, de prostitution et de violence. Car ce monstre de violence et d’horreur n’est autre que son propre père. Mais la jeune fille a de la ressource et elle est loin d’être une de ses filles soumises qui subissent leur sort sans se défendre.

« Elle se demandait s’il ne fallait tout simplement pas fuir sans demander son reste.Mais l’idée que son père s’en tire la révoltait. Elle ne voulait pas non plus juste le tuer. Cela aurait été trop facile. Il était également exclu d’aller en taule à cause de cette ordure. Sinon bonjour la double peine. Il l’aurait torturée toute sa vie durant et il la ferait encore souffrir après sa mort? Pas question bordel! Surtout, elle ambitionnait de détruire son existence avant qu’il ne meure, balayer tout ce qu’il avait bâti et venger tous ceux qu’il avait anéantis »

Et c’est la littérature qui va la sauver, nous la rendre plus humaine, plus sensible. Sa rencontre avec un professeur de lycée, taciturne, provoquée par le vol d’un livre, puis tournant autour d’échanges sur ses lectures va lui faire découvrir que les relations humaines peuvent être basées sur le respect et la douceur. Henri, qui pourrait être son père, va savoir apprivoiser la petite rebelle et la relation qui se développe entre eux m’a embarquée complètement dans l’histoire.

Le « décor » est tellement bien planté qu’on s’y croirait. Le milieu de la drogue et du trafic organisé par l’Ours, le père de Kimy, est extrêmement bien décrit, le lecteur ne peut que visualiser les scènes. On a vraiment l’impression d’y être, un peu comme si on avait un casque de réalité virtuelle autour de la tête qui nous immerge complètement dans l’histoire.

L’auteur a un talent exceptionnel pour captiver son lecteur en le plongeant dans l’horreur la plus totale tout en lui faisant espérer une lueur au bout du tunnel. C’est terrible, glauque, violent mais tellement intelligemment construit, sans temps mort que ça passe tout seul et le pire c’est qu’on en redemande encore et encore.

Je suis définitivement conquise par la plume et le talent de Mattias Köping et je ne peux que vous recommander de découvrir ses romans.

En voiture, Simone ! – Aurélie Valognes

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En voiture, Simone ! – Aurélie Valognes – éditions Le livre de poche – 29 mars 2017 – 256 pages – 7.10 €

Résumé :

Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, Martine. Leurs fils, Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et… trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée ; Laura, végétarienne angoissante ; Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l’arrivée va déstabiliser l’équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d’une sagesse à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s’incruste. Mélangez, laissez mijoter… et savourez !

Mon avis :

On ne choisit pas sa famille ni sa belle-famille mais on doit faire avec !!! Dans En voiture, Simone ! Aurélie Valognes nous offre une très sympathique comédie familiale, drôle, sarcastique, où chaque rencontre de Jacques et Martine avec leurs fils et surtout leurs belle-filles est un moment particulièrement tendu pour tous les protagonistes mais tellement drôle pour le lecteur.

L’auteure décortique les relations familiales, les attentes de chacun à travers le couple Jacques/Martine. A l’entrée de la retraite, Jacques a du mal à lâcher prise et à quitter son travail quand Martine attend de cette nouvelle vie qui commence des voyages et des attentions renouvelées de son époux… Autant vous dire que la crise est proche.

Chaque réunion de famille où il faut concilier tous les caractères et les désidérata des belles-filles est une source de stress pour Jacques et Martine et de franche rigolade pour le lecteur. Il faut dire qu’entre une mère poule angoissée, une végétarienne vindicative et une nouvelle venue bien au fait du caractère du paternel et qui est décidée à ne pas se laisser faire, il y a de quoi rire.

Tout tient dans les personnages qui sont extrêmement bien travaillés dans leurs caractères. Certes cela peut paraître un peu caricatural, je ne me suis retrouvée dans aucune des 3 belles-filles mais j’ai beaucoup aimé suivre leurs réunions de famille, les échanges avec les beaux-parents de même que la relation desdits beaux-parents. Le personnage de Jacques est à mon sens le pilier de ce roman, celui auquel on s’attache le plus, c’est par lui que tout se passe. Des piques acerbes à ses belles-filles aux incompréhensions avec son épouse tout est fait pour nous le rendre sympathique.  Car derrière la carapace despotique et égocentrique se cache un père aimant qui ne veut que le bonheur des autres.

Les 3 fils sont assez transparents, on ne les voit que peu et ils semblent soumis au bon vouloir de leurs épouses cherchant à concilier toutes les parties.

Mais au delà de ça, l’auteure sait aussi faire évoluer ses personnages et montrer qu’en y mettant (un peu) du sien, on peut avoir des relations familiales apaisées et cordiales. La vie de famille n’est pas un long fleuve tranquille mais même les torrents bouillonnants finissent par se calmer au bout d’un moment.

Bref, cette lecture fût un très bon moment de lecture pour une première découverte de l’auteure.

Le mystère Henri Pick – David Foenkinos

le mystère henri pick

Le mystère Henri Pick – David Foenkinos – éditions Folio – 4 janvier 2018 – 336 pages – 7.90 €

Résumé:

En Bretagne, un bibliothécaire recueille tous les livres refusés par les éditeurs. Parmi ces manuscrits, une jeune éditrice découvre une pépite écrite par un certain Henri Pick. Elle part à sa recherche et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Mais selon sa veuve, il n’a jamais écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire.

Mon avis :

« Chacun peut adorer la lecture, à condition d’avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra pas se défaire«  (p18). Je n’avais pas lu cet auteur depuis 2011, certainement parce que ma lecture à l’époque de son roman Les souvenirs ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable (j’ai du retourner sur mon premier blog pour me souvenir de ce que j’en avais pensé !!!).  Ce roman n’était pas le bon pour me faire apprécier l’auteur…. Ma sœur m’a offert Le mystère Henri Pick pour mon anniversaire l’année dernière et il dormait bien sagement dans ma PAL. C’est en lisant l’avis d’une instagrammeuse que j’ai eu envie de le lire. Et j’ai eu bien raison car j’ai adoré cette lecture.

On y découvre une histoire mystérieuse d’un roman trouvé dans une bibliothèque de livres refusés par les éditeurs…un auteur improbable…. un succès fou… des conséquences divertissantes… une enquête… des soupçons….et puis la révélation finale qui emporte… la magie du processus éditorial, de ce qui fait le succès d’un roman…c’est bien écrit, c’est drôle, attendrissant, émouvant et captivant. Bref j’ai adoré.

La lecture est une question de ressenti et les lecteurs ont chacun leurs propres attentes et  peuvent avoir des ressentis différents à la lecture d’un même roman. Un livre refusé par un éditeur ne signifie pas forcément qu’il est mauvais, cela signifie juste qu’il n’a pas su toucher et combler les attentes du lecteur ou des lecteurs désigné(s) pour décider de l’avenir du manuscrit soumis à la maison d’édition. La bibliothèque des livres refusés de ce petit coin reculé de la Bretagne a été créée par un amoureux des mots, Jean-Pierre Gourvec pour qui « la question n’était pas d’aimer ou de ne pas aimer lire, mais plutôt de savoir comment trouver le livre qui vous correspond…en détaillant l’apparence physique d’un lecteur, il était capable d’en déduire l’auteur qu’il lui fallait« . Après sa mort, Magali, son assistante a continué à tenir la bibliothèque qui avait évolué et dont les étagères contenant les livres refusés se sont retrouvés délaissés… jusqu’à ce que Delphine, une jeune éditrice de passage chez ses parents découvre ce lieu surprenant et ce manuscrit qui va changer la vie de bien des personnes.

Au travers de ce récit très bien construit, mystérieux et très agréable à lire, l’auteur décortique habilement et avec subtilité tout le processus éditorial, la communication autour de la sortie d’un roman, ce qui fait que les lecteurs achètent ou non le roman. Tout en associant le lecteur à l’enquête pour savoir qui était ce Henri Pick et surtout comment ce pizzaiolo avait pu écrire un tel roman, l’auteur nous divertit avec les conséquences d’un tel succès, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Les personnages sont tous aussi attachants les uns que les autres et c’est un vrai plaisir de lire ce qui leur arrive à la suite de cette découverte et comment ils affrontent les situations qui se présentent.

Le tout donne un roman captivant dont on tourne les pages avec frénésie pour connaître le fin mot de l’histoire qui est à la hauteur de la tension progressive qui se dégage de cette lecture. Les cinquante dernières pages sont rudes pour toute autre activité que la lecture car on ne peut pas se sortir de ce roman avant de découvrir la résolution finale.

Une lecture passionnante, une comédie qui prend des airs de thriller, un petit bijou à lire pour percer le mystère!!